Lors de la construction ou de la rénovation d’une maison, l’isolation des murs est un paramètre essentiel à prendre en compte pour le confort des occupants et les performances énergétiques du logement.
Les murs sont notamment responsables d’environ 20 % des ponts thermiques conduisant à d’importantes déperditions de chaleur dans un logement avec à la clé pour compenser des dépenses énergétiques supplémentaires.
Il est important de préciser que la dénomination officielle est désormais la RE 2020 (Réglementation Environnementale 2020), même si l’expression « norme isolation RT 2020 » demeure encore largement utilisée. Cette nouvelle réglementation met l’accent non seulement sur la performance thermique (avec des indicateurs comme le Bbio et le Cep), mais aussi sur la réduction de l’empreinte carbone (IC) et le confort d’été.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas de valeur unique imposée pour l’épaisseur d’isolant : la RE 2020 fixe plutôt des seuils de performance globale à atteindre, laissant une certaine flexibilité dans les choix constructifs. Dans le cadre d’une isolation de mur intérieur et de mur extérieur, vous devrez donc viser un niveau de résistance thermique adapté aux zones climatiques et à la configuration de votre logement.
L’isolation des murs est donc un enjeu majeur pour la construction immobilière moderne et subit à ce titre de nouvelles exigences réglementaires avec notamment la nouvelle réglementation thermique RE2020. Découvrez quelle épaisseur d’isolation est nécessaire pour les murs dans le cadre de la RT 2020.
Rappel des objectifs de la nouvelle réglementation thermique RT 2020
S’appliquant pour le moment uniquement aux bâtiments neufs, la nouvelle règlementation thermique RT 2020 met l’accent sur un certain nombre d’objectifs ambitieux pour la construction :
- L’encouragement à la sobriété et à l’efficacité énergétique avec de nouveaux seuils de consommation énergétique de seulement 100 kW/m² par an (et 12 kWh/m²/an pour le chauffage) soit 2 fois moins que dans le cadre de la RT2012 ;
- La réduction de l’impact carbone tout au long du cycle de vie des matériaux avec une diminution des émissions de gaz à effet de serre tolérés (4 kgs de CO2 par m² et par an au maximum) ;
- L’incitation au recours aux énergies renouvelables et aux matériaux biosourcés afin de parvenir à ce que les bâtiments produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. On passe ainsi du bâtiment Bbio de la RT2012 au bâtiment à énergie positive (BEPOS) ;
- L’amélioration du confort d’été afin d’assurer la fraîcheur des bâtiments en période de fortes chaleurs.
Lire aussiPlus d’informations sur les types de chauffage compatibles avec la nouvelles réglementation RT 2020 dans cet article : Quel Chauffage Choisir pour Respecter la Nouvelle RT2020 ?
Epaisseur d’isolation des murs : Une évolution drastique de la réglementation thermique ou RT 2020
Les différentes réglementations thermiques ont notamment pour objectif d’encadrer l’épaisseur d’isolation à installer pour chacune des parties d’un logement (toiture, sols, ouvertures et donc murs).
Depuis l’instauration de la RE 2020, aucune nouvelle obligation stricte n’est venue imposer une épaisseur d’isolation minimale pour les murs. On reste dans une logique de performance globale, où les constructeurs et les particuliers doivent tenir compte du Bbio (Besoin bioclimatique), du Cep (Consommation d’énergie primaire) et du IC (Impact Carbone) pour concevoir un bâtiment performant.
Cela signifie qu’on peut atteindre les exigences de la RE 2020 avec différentes solutions : augmenter l’épaisseur isolation extérieur des murs, recourir à des isolants plus performants comme le polyuréthane ou encore privilégier des matériaux biosourcés (fibre de bois, chanvre, etc.) pour limiter l’impact environnemental.
Pour la nouvelle réglementation RT 2020, l’épaisseur d’isolation préconisée pour les murs afin de parvenir à l’objectif BEPOS et au coefficient d’isolation thermique U=0,16 est d’environ 300 mms bien qu’elle puisse varier en fonction du type d’isolant utilisé.
Il s’agit là d’un important durcissement de la législation puisque la précédente règlementation (RT 2012) préconisait une épaisseur d’isolation pour les murs comprise entre 0 et 100 mm selon le type d’isolant choisi ainsi que la région d’habitation.
L’épaisseur renforcée pour l’isolation de murs dans le cadre de la RT 2020 reste toutefois indicative et n’est pas fixée avec précision dans le texte de loi. L’estimation de l’épaisseur d’isolant minimal requis reste en effet relativement difficile à généraliser puisque celle-ci est calculée en fonction de différents paramètres modifiant ainsi le besoin d’isolation comme notamment :
- Le type de matériau ;
- La conductivité thermique de l’isolant qui, lorsqu’elle augmente, signifie que le matériau est plus conducteur de chaleur et requiert de ce fait une épaisseur d’isolation plus importante ;
- La résistance thermique de l’isolant ( R ) qui nécessite moins d’épaisseur à mesure qu’elle augmente ;
- Le climat et la zone d’habitation : les régions aux conditions climatiques plus rigoureuses imposent là encore une épaisseur d’isolant plus élevée pour faire barrage au froid et à l’humidité.
Vérifier le coefficient R pour l’isolation du mur RT 2020
La détermination de l’épaisseur d’isolant nécessaire pour les murs est indissociable du niveau de résistance thermique requis pour respecter cette nouvelle réglementation. Le coefficient R pour les murs dans le cadre de la RT 2020 diffère selon les différentes zones géographiques établies (H1, H2 ou H3) et selon que les murs soient en contact avec l’extérieur ou non. Ainsi, elle doit respecter les niveaux minimums suivants :
- Pour les murs en contact avec l’extérieur (ITE), le R doit être de 2,9 m².K/W pour les zones H1 (principalement dans l’Est et le Nord-Est) et H2 (principalement dans l’Ouest et le Nord-Ouest) et de 2,2 m².K/W pour la zone H3 (Sud-Est) ;
- Pour les murs en contact avec un volume non-chauffé, le R doit être de 2 m².K/W au minimum quelle que soit la zone d’habitation.
En ce qui concerne les combles, la résistance thermique doit être supérieure ou égale à 4,4 m².K/W en zone H1, 4,3 m².K/W en zone H2 et 4 m².K/W en zone H3 dans le cas des combles perdus. Pour les combles aménagés, la résistance thermique doit être supérieure ou égale à 4,8 m².K/W quelle que soit la zone.
Norme pour l’isolation d’un mur intérieur et d’un mur extérieur
La norme isolation mur intérieur doit permettre de limiter au maximum les déperditions thermiques tout en préservant la surface habitable. Pour y parvenir, la RE 2020 recommande un coefficient R adapté à la zone climatique. Le choix du type d’isolant (laine de verre, fibre de bois, etc.) et l’épaisseur peuvent varier, mais l’objectif reste d’obtenir une résistance thermique suffisante pour économiser de l’énergie et améliorer le confort d’été.
Pour les murs extérieurs, on veille généralement à une résistance thermique (R) minimale comprise entre 2,2 et 2,9 m².K/W (selon la zone climatique), mais on peut aller au-delà pour atteindre la performance BEPOS.
L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) est souvent privilégiée pour ses performances et pour éviter les ponts thermiques. La question « Quelle épaisseur d’isolation pour les murs extérieur ? » dépendra de la conductivité de l’isolant choisi. Dans tous les cas, il faut viser un R minimum de 2,2 à 2,9 m².K/W (voire plus) pour répondre aux critères de la RE 2020 et assurer un confort d’été optimal.
Pour une ITE (isolation thermique par l’extérieur) en polystyrène, par exemple, on retrouve souvent des épaisseurs variant entre 10 et 16 cm. En fibre de bois, on peut aller au-delà pour bénéficier d’un déphasage thermique plus important et d’une meilleure protection contre la chaleur estivale.
Épaisseur mur parpaing + isolation + placo : comment s’y retrouver ?
Dans le cas d’un mur parpaing, l’épaisseur totale comprenant l’isolant et le placo dépendra de vos objectifs de performance :
- Si vous visez le respect strict de la RE 2020, vous pourrez opter pour 8 à 16 cm d’isolant (selon la conductivité) sur mur parpaing avant de poser la contre-cloison (placo).
- Pour un objectif BEPOS (Bâtiment à Énergie Positive), vous devrez peut-être aller jusqu’à 20 ou 30 cm d’isolant, selon la zone climatique et la nature du parpaing.
Quels matériaux privilégier pour une isolation thermique renforcée ?
La réalisation d’une isolation thermique renforcée passe notamment par le choix d’utiliser des matériaux avec une faible conductivité thermique comme notamment le bois, la paille ou le verre cellulaire. Ceux-ci présentent ainsi en effet une forte porosité au froid comme à la chaleur.
Les fibres de bois constituent notamment un type d’isolant biosourcé particulièrement en vogue auprès des particuliers. Lorsqu’ils prennent la forme de panneaux semi-rigides, 28 cms d’isolant sont ainsi largement suffisants pour atteindre un coefficient R égal à 7 correspondant à une isolation très efficace.
En plus de vous protéger du froid, les fibres de bois permettent également de maintenir une température homogène pendant l’été répondant ainsi à l’objectif de confort en périodes de forte chaleur.
Bon à savoirL’isolation sous vide peut vous permettre de réduire drastiquement l’épaisseur de l’isolant de vos murs pour préserver votre surface habitable. Des panneaux ultra-minces composés d’une nano-poudre de silice placée dans un film étanche offrent des performances d’isolation exceptionnelles et une parfaite étanchéité en même temps qu’un gain de place optimal.
Rénovation : la RE 2020 n’est pas toujours obligatoire
Pour la rénovation, la RE 2020 ne s’applique pas stricto sensu comme pour le neuf. Vous dépendez en priorité de la réglementation thermique pour l’existant, dite « élément par élément ». Cela n’empêche pas de viser des objectifs RE 2020 et de bénéficier d’aides financières si vous optez pour des travaux d’isolation performants.
Bien choisir l’épaisseur en fonction du matériau isolant
Voici un tableau récapitulant les types de mur avec les épaisseurs d’isolant et le coefficient R correspondant afin de répondre aux exigences de la RT 2020 :
Matériau isolant utilisé | Conductivité thermique | Épaisseur pour l’isolation d’un mur en contact avec un volume non-chauffé soit R = 2 | Épaisseur pour l’isolation d’un mur en contact avec l'extérieur pour la zone H3 soit R = 2,2 | Épaisseur pour l’isolation d’un mur en contact avec l’extérieur pour les zones H1 et H2 soit R = 2,9 | Épaisseur pour une performance élevée soit R = 5 |
---|---|---|---|---|---|
Laine de verre | 0,040 W/m.K | 8 cms | 8,8 cms | 11,6 cms | 20 cms |
Laine de roche | 0,045 W/m.K | 9 cms | 9,9 cms | 13,1 cms | 22,5 cms |
Fibre de bois | 0,049 W/m.K | 9,8 cms | 10,8 cms | 14,2 cms | 24,5 cms |
Ouate de cellulose | 0,041 W/m.K | 8,2 cms | 9 cms | 11,9 cms | 20,5 cms |
Polystyrène | 0,032 W/m.K | 6,4 cms | 7 cms | 9,3 cms | 16 cms |
Polyuréthane en panneaux | 0,022 W/m.k | 4,4 cms | 4,8 cms | 6,4 cms | 11 cms |
En somme, pour respecter les critères édictés par la RE 2020, il est conseillé de prévoir une épaisseur généralement comprise entre 8 à 20 cms en fonction du matériau qui sera utilisé. Pour que l’isolation de vos murs soit réellement efficace et afin de se rapprocher des objectifs de bâtiment à énergie positive, une épaisseur d’isolant de 20 à 30 cms en fonction du matériau sera alors nécessaire.
La réalisation de l’isolation pour les murs à l’intérieur du logement
L’isolation des murs intérieurs (ITI) peut être réalisée de différentes façons. Vous pouvez notamment recourir à la technique des panneaux de doublage posés sur ossatures. Ils sont constitués d’une plaque d’isolant avec un revêtement en plâtre. L’isolant est ainsi fixé par un collage directement sur le mur. Il est en revanche nécessaire de réaliser un vissage sur une ossature métallique ou alors en bois.
Attention, il est préférable que les murs soient propres et ne soient pas humides. Il est également recommandé de leur faire subir un traitement préalable. En plus de préserver l’esthétique des revêtements, l’isolation sera en effet plus simple à effectuer. Rappelez-vous qu’une lame d’air se doit d’être maintenue entre le mur ainsi que l’isolant.
Une autre méthode consiste à utiliser des panneaux derrière une contre-cloison. Vous devrez alors fixer mécaniquement l’isolant au mur. Il faut ensuite poser la contre-cloison au-dessus de l’isolant. Celle-ci peut être en carreaux de plâtre ou alors en brique plâtrière.
Bon à savoirLa RE 2020 (Réglementation Environnementale) introduit des normes strictes sur la construction et la rénovation, y compris en matière d’isolation thermique. Outre l’épaisseur d’isolation des murs, le choix des matériaux est essentiel pour répondre aux exigences énergétiques. Si vous hésitez entre brique et parpaing, découvrez notre guide complet pour vous aider à choisir le meilleur matériau en fonction des critères de la RE 2020 : Brique ou parpaings dans la RE 2020 : Comment choisir ?.
À retenir sur la norme isolation RT 2020 (RE 2020) pour les murs
- Pas d’épaisseur obligatoire imposée : la RE 2020 fixe des objectifs de performance (Bbio, Cep, IC) plutôt qu’une seule valeur d’isolant.
- Les zones climatiques (H1, H2, H3) influencent les coefficients R recommandés : plus il fait froid, plus l’isolant devra être épais.
- Le choix entre isolation mur intérieur ou isolation extérieure aura une incidence sur le confort d’été, les ponts thermiques et la surface habitable.
- Pour atteindre la performance BEPOS, il est fréquent d’installer une épaisseur supérieure à 20 cm (parfois jusqu’à 30 cm) selon le type de matériau et de structure (parpaing, brique, ossature bois, etc.).
- Rénovation : la RE 2020 n’est pas strictement imposée, mais s’en inspirer permet d’améliorer la performance énergétique et la valeur patrimoniale du logement.